dimanche 12 septembre 2010

مابي مرض رجب بوحويش من معتقل العقيلة


و كأن الحكاية صارت بالأمس....1 سبتمبر 1969 .... كنت في آخر أيام العطلة أستعد للعودة إلى باريس...إنتهت دولة السنوسية في طرابلس الغرب كما اعتدنا سماع تسميتها. انتهت دولة إدريس السنوسي ذلك الشيخ الذي كان أشبه بكبير العائلة منه من ملك على مملكة طرابلس «غير أن قصة إبريق الزيت لم تبق من العبر بقية».
و اليوم هانحن بعد 41 عاما، ما بوسعي أن أقول أو أحكي؟ لا شيء ، لا شيء من الكلام المعقول، أذن ما «لزنا للكلام المرزي»
فتشت في أكوام أوراقي، و في منعرجات الذاكرة فلم أجد سوى صورتين متقارباتين الأولى لعمر المختار و الثانية للشاعر الشعبي الكبير رجب حمد بوحويش
رجب بوحويش من مواليد 1876 بزاوية المرصص غير بعيد على مدينة طبرق ينتمي لنفس قبيلة عمر المختار «المنفة». و كان أهل بوحويش من عشيرة العلوم يسكنون بالبطنان و يهتمون أساسا بتربية السعي والرعي. و كان من الطبيعى أن يكون رجب بوحويش في الحس التلقائي لمقاومة الغزو الطلياني مما تسبب له و لأهله نقمة الطليان الذين صادروا ممتلكات عشيرته و زجت بكل القبيلة في محتشد العقيلة الذي كان لا يقل وحشية عن محتشدات النازيين. و من معايشته لهذا المحتشد المخجل لكل ادعاءات الإنسانية الزائفة للغرب المستعمر، كانت قصيدته «مابي مرض» التي تصف وحشية الطليان و وثيقة تاريخية لكشف جرائمهم.
من هذه القصيدة اخترت لكم بعض المقاطع أرجو أن تنال رضاكم، و هي طريقتي لتقاسم الحلم المغاربي مع أخوتنا الليبيين عوض النحيب على المعيش اليومي التعيس. و ربما كلمة «مابي مرض» التي تعود بصفة دورية في القصيدة هي أبلغ من كل كلامي.....


مابي مرض غير دار العقيلة
و حبس القبيلة
و بعد الجيا من بلاد الوصيلة

مابي مرض حد النكاد
و شوية الزاد
و ريحة اللي مجبرة بالسواد
الحمرة اللي وين صار العناد
عنانها طويلة
لها وصف ما عاد تاجد مثيلة
......
مابي مرض غير فقد الرجال
و فنية المال
و حبسة نساوينا و العيال
و الفارس اللي كان يقدع المال
نهارة جفيلة
طايع لهم كيف طوع الحليلة
إن كانت خطية
نرمي الطاعة صبح و عشية
نشيل في الوسخ و الحطب و المية
معيشة ذليلة
مفيت ربنا يفزع يفك الوحيلة
طايع لهم كيف طوع الوصيف
نسيت الوظيف
بعد بقيتي كنت ضاري عفيف
نشيل الثقيلة

نزازي مزازة من زين حيلة

مابي مرض غير طولة لجالي
و ضيْعة دلالي
و فقدة أجاويد هم روس مالي
يونس اللي كيف الهلالي
كرسي القبيلة
أمحمد و عبد الكريم العزيلة
و بوحسين سمح الوجاب الوالي
و العود و مثيلة
راحوا بلا يوم ذايب ثقيله

مابي مرض غير فقد الصغار
أسياد العشار
اللي يلقطو كيف تمر النهار
الضرابين للعايب صدار
نواوير عَيْلة
ما ينطرو يقول ناسـًا ذليلة
.....
مابي مرض غير ضرب الصبايا
و جلودهن عرايا
و لا يقعدن يوم ساعة هنايا
و لا يختشوا من بنات السمايا
بقول يا رزيلة
و عيب قبح ما يرتضي للعويلة
.....
مابي مرض غير قول اضربوهم
و لا تصنعوهم
و بالسيف في كل شي خدموهم
و مقعد مع ناس ما نعرفوهم
حياةً عويلة
الاَّ مغير ما عاد باليد حيلة
.....
مابي مرض غير فقد الملاح
و دولة قباح
اللي وجوهم نكب و اخرى صحاح
و كم طفل عصران م السوط داخ
حاير دليله
يا نويرتي صاف من دون جيله
......
مابي مرض غير فقدة بلادي
و شي من أريادي
نواجع غرب في خيوط السعادي
طالب الكريم اللي عليه اعتمادي
يعجل بشيله
قبل لا يفوتن ثلاثين ليلة.

توفي الشاعر رجب بوحويش في18 سبتمبر 1952

mardi 7 septembre 2010

Soufisme, confréries, Zaouïas et expressions Soufis

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Sidi Bel Hassen Chadhouli




Les expressions mystiques sont d’une façon générale sinon exclusive liées à un saint patron(Walii) et à une confrérie maraboutique (Tarîqat) qui lui sont dédiées, donc à une Zaouïa qui est l’objet d’une ou plusieurs Ziaras hebdomadaires mensuelles et une kharja annuelle.
La Zaouïa est une sorte de sanctuaire, où les gens viennent se recueillir, se confier et chercher sérénité réconfort et soulagement, par le biais des prières qu’ils adressent à Dieu par l’intercession du « saint ».
Il y a lieu de distinguer, en termes d’importance, les Zaouïas principales dites mères et les Zaouïas secondaires. L’importance d’une Zaouïa est tributaire de son rayonnement dans son milieu social ainsi que de l’influence et du positionnement de la confrérie dont elle relève.
Les « Tourbas » attenantes à certaine zaouïas servent à inhumer les dignitaires ou descendants du saint fondateur.
Historiquement la mouvance soufi en Tunisie a eu une période d’un soufisme « individuel » des « Awlia’ fondateurs ». Elle remonte au 6ème siècle de l’hégire (12ème s) avec les noms illustres de A.H. Chadhouli, A.Medien Chouâib, Abou Ali Essouni, etc…Le passage du soufisme de pratique individuelle à une « organisation » et pratique collective, donc d’une mutation d’un soufisme d’idée et de pensée abstraite à un soufisme populaire de « rituels » fétichiste et ostentatoire, au 9ème s.h.(15ème s), va donner lieu à un développement de traditions de Ziaras, de cérémonies de chants et de danses (Hadhra) , d’instauration de système de « promesses » et de donations.
C’est ainsi que l’on va assister à la naissance des confréries comme puissance économique et sociale locales et parfois même nationales et extra nationales, dans un contexte politique caractérisé par la faiblesse du pouvoir central.
Bien que ce passage au soufisme populaire particulièrement dans les campagnes ait favorisé une meilleure diffusion de la religion musulmane par la création de « Kouttabs », il est indéniable que cette adhésion des masses de démunis était une sorte de quête « d’asile » et « d’immunité » dans une période historique marquée par l’insécurité et l’injustice.
Dés lors, la société sera régie par le triptyque du pouvoir qu’est l’Etat, la Tribu et la Confrérie.
Certaines analyses expliquent l’expansion du soufisme populaire au Maghreb en général comme une triple revanche de minorités opprimées :
· celle de l’amazigh par l’intégration de certaines croyances païennes.
· celle de la femme, par sa prise en charge d’une pratique « religieuse » plus autonome et plus affirmée.
· celle des Noirs, dont l’islamisation(en tant qu’esclaves) ne pouvait être que superficielle, par un rappel de leurs anciennes croyances africaines.
Six grandes confréries principales se sont partagé l’espace social et politique tunisien, tout au long des siècles derniers. Leur puissance économique, leur implantation et leur influence vont constituer leurs atouts dans toute négociation avec le pouvoir husseinite ainsi qu’avec la puissance coloniale.
· La Kadiria : Fondé par Sidi Abdelkader Al Jaylali en Irak elle est la Tarîqat de l’empire Ottoman donc du pouvoir Husseinite (jusqu’à une certaine époque). Elle est la plus ancienne et la plus importante en terme d’adhérents (Atbaâ) qui comptaient à l’époque coloniale prés de 118000, ainsi que 109 Zaouïas réparties sur tout le territoire du pays, la Zaouïa mère est situé a Menzel Bouzelfa ; la plus influente est celle du Kef connue historiquement pour avoir pris le parti de l’invasion coloniale en 1881.
· La Rahmania : Dont la fondation remonte au 18ème siècle, avec la Zaouïa du Kef, ses adhérents comptent 114000 avec un réseau de 47 Zaouïas. C’est une confrérie qui s’est illustré par ses positions hostiles au pouvoir beylical injuste lors de la révolte de 1864, et contre l’invasion française en 1881.
· L’Îssaouia : C’est la confrérie du « bon petit peuple » de Tunisie, fondée par Sidi Mohammed Ben Îssa à Meknès (Maroc). Célèbre pour son rituel extraordinaire et spectaculaire dans la partie de la transe avec des scènes de « fakirisme » d’avaleurs de lobes de cactus, de scorpions et autres tessons de verres etc ; au début du siècle précédant elle comptait plus de 37000 adhjérents et 144 Zaouïas.
· La Chadhoulia : Fondée par Sidi Abul Hassan Chadhouli. La Zaouïa mère( Maqam) de la confrérie est érigée sur la colline de jellaz ; elle a d’autres Zaouïas dont les maqams de la Manoubia, de Sidi Fathallah, de Sidi Mahrez, de Sidi Abdallah Cherif et de Sidi Ali El Hattab.
· La Tijania : Confrérie arrivée d’Algérie au milieu du 19ème s. par l’entremise d’Ibrahim Riahi qui en était le premier adepte ; son mausolée de la rue portant son nom est devenu la 1ère Zaouïa en 1850, et elle devient la tarîqat de la dynastie husseinite jusqu’à son extinction.
C’est une confrérie controversée du fait de son allégeance inconditionnelle à la France, ce qui lui a permis de s’implanter particulièrement dans le sud tunisien (Territoire militaire)
· La Madania : Confrérie d’origine Ottomane fondée par Dhafer el Madani au milieu du 19ème, son implantation en Tunisie (Sfax) est tardive, elle enregistre un rayonnement notable dans la région de Makthar.
D’autres confréries de moindre envergure telles la Slaimia, l’Âzzouzia, l’Âroussia, l’Âmiria (Âouamria), l’Âlouia et la Taïebia attirent à leur tour nombre d’adeptes.
Pendant des siècles les confréries avaient assis leur puissance et leur légitimité d’abord de leur patrimoine foncier et agricole constamment fructifié par les donations en Habous de ses adhérents (Atbaâs ). La dissolution des Habous au lendemain de l’indépendance a coupé les ressources à l’ensemble des structures confrériques annonçant ainsi la fin d’une époque.
Toutefois sur le plan social, le besoin de se confier à une force spirituelle, a permis de maintenir une relation vivace avec les zaouïas locales parfois en dehors de toute obédience confrérique ayant des velléités concurrentielles avec les pouvoirs religieux et politique. C’est le cas de tout le tissus maraboutique actuel qui continue malgré la modernisation sociale et politique, ainsi que la généralisation de l’enseignement, à drainer des milliers de citoyens aux cérémonies et rituels soufis.
Un parent pauvre du chant soufi : Le mézoued des faubourgs de Tunis :
Il s’agit du corpus sacré et populaire différent du sacré soufi, même si les saints invoqués sont souvent communs, c’est un soufisme pauvre dénué de la dimension spirituelle « il répond à l’aspiration des couches populaires à une religion simple de convictions avec des rituels chauds et trépidants Les couches populaires trouvent en ses représentants (c-a-d les saints et les marabouts) les intercesseurs auprès de Dieu et des protecteurs qui les assistent dans l’épreuve Le besoin était si pressant à la distraction et à l’assistance dans une époque caractérisée par sa rigueur et riche en calamités[1] »
Ce répertoire est prétexte à un défoulement corporel physique et psychique, par le biais de la danse. Le répertoire modal de la musique proprement dite des chansons du mezoued estt typiquement citadine et constitué des Tobôo sika, h’ssine rast dhil, rast abidi, mhaîar irak, ardhaoui, etc…

De 1930 à 1950 la Tunisie enregistrait une croissance de sa population de 2.100.000 à 3.500.000 habitants, la pression démographique et le flux continu de l’exode rural poussaient les limites de la ville de Tunis à l’extérieur de la deuxième ceinture de remparts vers: Tayarat, Bir Kleb, Méllassine, Sabkha, Essayda, Hofret Guerrich El Korbosli Borj Ali Raïs, Dubosville, La Cania, Garjouma, Kabbaria et Jebel Lahmar, où poussaient comme des champignons les gourbis en pisé et les baraquements en tôles, Dans Ces bidonvilles, s’entassaient des familles venues de toutes parts de l’intérieur du pays par dizaines. Des cités «cloaques» sans eau courante ni électricité où se concentraient la misère et la détresse la plus extrême. Elles constitueront désormais un terrain fertile à la propagation des chants du mezoued. Spectacle à bon marché et fonctionnant sur le principe du «don» (rechk), il remplira la fonction sociale d’animation des fêtes de mariage et circoncision.
La chanson du mezoued puisait son énergie et sa vitalité auprès de ses fans qui en faisaient un signe de reconnaissance mutuelle et une sorte de cri de ralliement des ouled echââb en opposition aux ouleds nanati, par des manifestations ostentatoires et tapageuses de la virilité dans la danse, et l’allure physique.
Une époque nouvelle avec des jours meilleurs, s’ouvrait devant la chanson du mezoued, malgré les pronostics des analystes les plus optimistes des années 70.
Avec l’expansion industrielle et d’exode rural, Les années 80, verront l’émergence de nouveaux pôles d’urbanisation spontanée (Ettadhamen, Mnihla, Douar hicher, les alentours de l’Ariana, Kram ouest et 5 Schneider), sont autant de facteurs d’épanouissement de la chanson du mézoued.
Le développement des technologies bon marché des appareils et supports d’enregistrements , constituera un facteur de rapprochement entre les producteurs et les consommateurs de la chanson du mézoued. La croissance du marché est spectaculaire, de nouveau noms percent dans le sillage de Habbouba le précurseur, tels: Farzit, Kahlaoui, Errouge, Tellili Lotfi Jormana et d’autres.
Le mega spectacle « Nuba » donnera un autre départ à la chanson du Mezoued, Hedi Donia fera un véritable retour aux sources du chant soufi populaire.


[1] Mohamed El Hedi Cherif in Tarikh Tounes.

vendredi 3 septembre 2010

Du Melhun chanté à la poésie déclamée


Si la plupart du corpus poétique populaire était destiné à être chanté conformément au rituel décrit ci haut, une partie non négligeable a été de tout temps une poésie « documentaire », évènementielle ou subjective ou de correspondance entre poètes et non destinée à la répétition chantée.

La mémoire collective- en l’absence de support écrit ou sonore- nous a légué des témoignages poignants des évènements de notre histoire relatant la résistance des tunisiens à l’invasion coloniale en 1881, ou celle relative au mouvement national. Des poètes connues ou illustres inconnus anonymes ont consigné leurs visions de ces évènements et de certaine péripéties et combats.

La puissance de la parole rimée, son pouvoir charismatique sur l’auditoire populaire n’ont pas été négligés par le pouvoir politique au lendemain de l’indépendance. Campagnes de « propagande » ou de sensibilisation des « masses » toujours est-il que des effets pervers peuvent devenir inévitables, et pouvaient déboucher sur des résultats contraires à ceux escomptés.

C’est ainsi que l’utilisation en masse d’une certaine poésie au cours des années 60 et 70 sur les ondes de la radio et sur les scènes de certains festivals, ont provoqué une désaffection du public de la jeunesse, qui est devenue réfractaire à toute forme de poésie populaire qu’elle jugeait démagogique et du genre « langue de bois ».

Ces effets dévastateurs ont conféré une image négative à la poésie populaire, il est vrai par ailleurs que grand nombre de poètes et de « versificateurs » ont participé activement à la dévalorisation d’une composante majeure de notre patrimoine, au même titre qu’un grand nombre d’autre expressions traditionnelles « folklorisés » à outrance particulièrement avec l’ouverture de notre pays au tourisme de masse des années 60, 70, 80.

Un phénomène de « dénie de soi » va toucher ces expressions chez une jeunesse qui avait du mal à identifier les éléments identitaires susceptibles de l’interpeler.

Pendant une période assez longue les expressions populaires étaient en panne d’image capable d’interpeler les siens, le phénomène de l’exode rural et la poussée des quartiers spontanés allaient contribuer activement à la négation de toute expression de « ruralité » aussi bien au niveau des accents et des parler que des symboles s’y rattachant telles les expressions musicales et poétique.

La fêlure s’amorçait entre une «culture » légale officielle virtuelle et les expressions réelles de la société. Dans les masures des bidonvilles, dans les oukalas de la médina désertée par ses habitants vers les nouveaux beaux quartiers, à Nabeul, Kairouan, Sfax, les chanteurs du mezoued galvanisaient les jeunes désabusés par Mohamed Ennouri , Zina Ettrabelsia et Guefla T’ssir (ڤافلة تسير)

C’est avec une nouvelle générations de poètes que la relance allait s’opérer, une génération d’à peine 40/50 ans qui a consommé sa rupture avec la vieille garde d’un classicismes dépassé, et libéré des contrainte de la métrique et de la rythmique et surtout qui s’inscrit dans un imaginaire contemporain qui répond réellement à une attente esthétique, linguistique et thématique.

Des poètes rétifs, ouverts sur un monde en pleine mutation et l’intégrant dans leur monde poétique dans une langue moderne qui puise son registre dans les trésors de la langue dialectale d’aujourd’hui et accessible à tous les auditeurs.

La poésie populaire aujourd’hui constitue l’un des point de ralliement aussi bien d’auditeurs que de lecteurs, plusieurs poètes se sont mis en effet aux techniques de communication actuelle telle l’édition sur papier de recueils de poésie, ou sur des C.D, la création de site web.

Parmi les figures brillantes de la poésie populaire tunisienne contemporaine, émerge celle de Mohamed El ghezel Kthiri natif en 1959 à Mezzouna terroir des M’hadhba, Mezzouna que l’on considère réellement comme un terreau fertile de poésie et de poètes, le plus célèbre parmi eux et certainement Chahed Labiedh l’oncle de notre poète. Chahed Labiedh dont la renommée se propagea à la suite de sa répétition du refrain La La La en interprétant sa malzouma : Mor fraguek ma togtach, qui a enflamé les gradins du théâtre romain de Carthage un certain été 1980.

A côté des enfants de son pays natal, Mouldi Hdhab et Lazhar belouafi, ainsi que Bechir abdeladhim et tahar M’bikha de Ghlissia prés de Douz, Belgacem Abdeltif et Mohamed Belltaief, Mounir ben Nasr, Ayoub Lassoued, Taoufik Sghayer de Douz, Mohamed El Mabrouk d’el faouar, Mohsen Khamassi de Dahmani, Saâd Thabet de Ben Gardene, Taïeb Hammemi de testour et d’autres encore nombreux, Kthiri affirme son positionnement comme valeur sûre et incontournable dans la poésie populaire contemporaine ave son souffle novateur dans :

· Les thèmes qu’il aborde qu’ils soient traditionnel ou lyriques.

· Sa maîtrise linguistique aussi bien dialectale que littéraire « dialectisée »

· Sa maîtrise de la métrique dans laquelle le « Bourjila » avec toutes ses nuances demeure son mètre préféré

· Son imaginaire et ses images poétiques qui transitent et s’interpénètrent entre une bédouinité qui est l’essence même de son inspiration et une urbanité magnétique dont les constituants et les yeux l’attirent. Entre le passé des locutions oublié ou occulté et leur présent hégémonique et déferlant pour sertir avec des bijoux , des colliers et des tissages avec lesquelles il pare la patrie, ses villes, ses terroirs, ses gens, ses belles… et de reconnaissance aux géniteurs…

Un souffle novateur qui hisse notre poète à une situation élevée parmi les refondateurs de la poésie populaire tunisienne, qui s’est longtemps laissé aller à la facilité du mimétisme et s’est confinée dans la répétition banale et rébarbative, au point de la rupture avec les nouvelles générations en quête de poétique nouvelle.

هي مزمرة وزادولها زمـّارة: عبدالرحمان الكافي

صابة القمح السنا عجرودة زيدها صيف والحصة الواحدة وجمل عليهم رمضان والعيد في الآيادي و الدخول للمكاتب ...أكهو ما يفيد فيها كان عبدالرحمان الكافي يعمل ضربة على الأسعار اللاهبة


في بداية العشرينات تم وضع صفارة إنذار (Sirène) فوق مبنى وزارة الأشغال العامة سابقا بنهج القصبة قبالة سوق الشواشية، تطلق أزيزها كل يوم في منتصف النهار، يبدو أنها كلفت ميزانية الدولة مقدارا باهضا. عبدالرحمان الكافي كعادته لم يترك الفرصة تمر دون أن تجود قريحته بلاذع الشعر

هي مزمرة وزادولها زمـّارة *** لا فايدة لا منفعة لا ضمارة

***

الوقت مزمــــــــــر***الشر خلط على ذراعته مشمر

الناس تشكي من الخلاء تتذمر*** الفقري بحالي عيشته مرّارة

يا من آتيت و جيت باش تعمر ***دزتك ماهي شبوب عمارة

***

الأمة حـــــــــــــــــــــــــــــارت *** الأسعار في يومين صعدت طارت

التجار علينا يا رفيقي جارت *** بياع الخضرة عاند الجزارة

على بعضها العباد راهي غارت *** سبب الهم حرية التجارة

***

حرية القيـــــــــمة *** عاقبتها ناتنة و عقيمة

أبو العيلة حالته سقيمة *** على حق الخبز عجز ماكبر ناره

سوم الزيت يزيد عالتبريمة *** للصعود ركب في طيارة

***

علا و تعـــــــــــــــــــــــلى *** دخل الجو وغاب يا وعد الله

ما عاد يرُدُّه جُند ولا محَلـَّة *** ولا ترَجَّعُو زُمَّارة الإدارة

الفقري مسكين ما بقى ما يوصلَّه *** لوكان يندب حتَّى تحفى اظفارَه

***

وَعد البـــــــــــــــــــــاري *** عملولنا زمامير شغل ذراري

في كُل يوم نتصنطوه عماري *** لاهوش صوت رباب لا قيطارة

طَرڨ الكِسرة خير يا سي القاري *** راس الجيعان ما يطيقش الزُمَّارة

***

زَمَّرتوهــــــــــــــــــــــا *** على الضعيف من ساسها قلبتوها

في الجو الخبزة عليه طيرتوها *** التاجر استغنى ربَح في مشوارة

غنيتو البعض والبعض فقَّرتوه *** ما تخُصّنا كان نغمة الزمَّارة

***

خصَّتنا نغمـــــــة *** وقت اللي صرنا نشربو بالجمَّه

الايَّام سودة كالليلي الدَّغمة *** تهردت الحالة وقامت الغُبَّارة

مل يخُصّنا عل الموت كانش فغمة *** آشكون مش يسمع الزمَّارة

***

لإذا متــــــــــــــــــــــــنا*** آش كون يسِخَف ينظر لحالتنا

ذنوبنا في رقبة رجالتنا *** اللي خلـَّتنا امِّيزرين فقارة

شكيناله قدَّاش ما سمعتنا *** أضنها اتلهات بالزمَّارة

***

رانا جعنا *** من الغلا في الهاوية اتبلـَّعنا

حس التزمير في ريوسنا صدَّعنا *** من الشَّر صرنا مزَمـرين سكارة

غُلـْو المعيشة ضامنا ضَعضَعْـنا *** مليحنا ما بقاش يكسب بــارة

***

الغِلـْو كوانــــــــــــــــــــــــا *** سَيِّبْ علينا عسكره وآعوانه

اللِّي نشمولَه ما قبَل دعوانا *** من جيهتنا مغَمضين آنظـــاره

طبيبنا ما حب يعطي دوانا *** في عوض المشهل جاب هالزمَّارة

***

جِت من غـــــــــــــادي *** صياحه يا رفيق موحش صادي

نا فهمت منها على خلاها تنادي *** نبقاو عشرة نرفعو على حمارة

بفلوسنا يشريو هالغَرَّادِي *** تسعين ألف فرنك راحو خسارة

***

راحو رزيـــــــــــــــــــــة *** تسعين ألف فرنك موش شوية

تسعين ألف يأسسو كُـلية *** و يعملو بابور أو طيَّارة

تسعين ألف يعونو الخَيرِية *** أحس وأفضل من شراء زمَّارة

***

خير من شقلالـــــــه*** تسعين ألف يِمَوّنو العمَالة

تسعين ألف فرنك تعمل حالة *** لو يشدهم الآديب تعمر داره

يوَلـِّي خرجيته تجيبها الحمَّالة *** وكسوته من لندرة مختارة

***

لوكان يجـــــــــونـــــي *** يداوولي ميزيرتي وجنوني

تسعين ألف فرنك يا مضنوني *** يسَيِّدو المَزلوط بين أجواره

تسعين ألف من الفقَـَرْ يغنوني *** نشري منهم هنشير لا زُمَّارَة

***

لا زُمِّــــــــــــــيـــــرة *** تسعين ألف فرنك حاجة كبيرة

يِـبْـنُـولِـي بلاص في البحِيـــــرة *** ويعرسولي اِبِّنت خالي عمارة

تسعين ألف يِفـََيِّضو الخميرة *** لا تحرم منهم ناظم الزُّمَـــارة