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samedi 25 décembre 2010

قدَّاش، قدَّاش؟

قدَّاش يلزم من أجراح

قدَّاش من ضحايا في اكفانهم

قدَّاش من أتراح

قدَّاش من مواجع يحمل هالوطن

باش ترضو يا نُكـَّار، يا ريوس النعامة

يا زارعين الشوك

على مسرب السلامة

و مرتع اليمامة

يا مكسرين اقلالنا

وقلوبنا عطاشا

ونسيم الأمل تلاشى

---

قدَّاش يلزم من أمل منكوب

وقدَّاش من حلم مصلوب

ومن عشق بحبل القهر مغلوب

و قدَّاش من نبتة فكرة

كانت نطفة فتقت في عقولنا

نرمي عليها اللعنة

ونمنع عليها النعمة

ونغُمّها بذايب الرصاص؟

وقدَّاش يلزم من فحل فنَّان

لمعة خاطفة تنقصف

بالغصب، بالظلم، بتنغيص الحياة

بقطع النفس بلا حس

بالجوع بالحقرة والعبرة

والعيشة المرة؟

قدَّاش، قدَّاش؟

لتو ما شبعتو؟

لتو مامتلت بطونكم وبشمتو؟

قد ما ملينا القصعة

واصباعكم ما لحستو.

***

آه يا قلب مذا تتحمل

آه يا عين مذا تتأمل

و يا روح الحرة

زعمة قدَّاش من زفرة

ومذا يلزم نتحمل

من حرقة وحرارة دمعة

ويا روحي مذا يلزمني من خفقة

وترنيمة وترين وشهقة

باش وطني يزيان و يبقى

***

mercredi 28 avril 2010

Relisons nos classiques: Aux tyrans:Abul Kacem Chabi




Abul Kacem Chabi

(Tunisie, 1909-1934)
Aux tyrans

« La voix des humiliés est faible, dit on,
Et sourdes les oreilles des tyrans de ce monde. »

Non la clameur du peuple est l’ouragan
Qui courbe le plus puissant des trônes et le fracasse.

La voix tonnante de la justice lui fait écho
Le grondement des guerres dévastatrices a des bouches béantes

Lorsqu’un peuple enfin, s’unit, pour la justice
Il s’affermit maître de son destin
*
Malheur, malheur à vous, piliers d’iniquité
Du jour où l’opprimé se met debout et avance

Il brisera d’un coup ses chaînes millénaires,
Laissera éclater pleinement sa fureur !

Auriez vous l’illusion au spectacle d’un peuple touché à l’œil, le fermant ?
Ou bien du vaste espace sommeillant, assombri ?

Aujourd’hui enfouis, les élans impétueux du pays
Bouillonnent en profondeur, menaçants.

Viendra l’heure, si proche, de leur éclatement,
Le peuple vibrera du plus beau de ses chants.

Ainsi ; pendant longtemps assoupie, elle se réveille en fureur
Défait d’un seul coup ce qu’ont tissé les ténèbres.

Quand, dans sa misère, le faible se relève, disparaît toute crainte
Vous saurez, ô tyrans, qui de nous les flots emporteront

Pour récolter ce qu’hier sa propre main a semé
Qui sème la douleur récolte l’amertume.

L’arbre de la vie se verra arrosé ; pousseront ses racines.
Et vous, tyrans, vous l’entendrez forte la voix de la justice
Lorsque le destin, de son amer calice, vous aura abreuvés.

Le jour où le tyran s’effondre sous ses chaînes
Alors il entend la douleur de ce monde… et comprend.
(le 20 février 1929)

(« Au tyran, dans Diwan)
(Traduit par Ahmed Ben Othman)

jeudi 17 décembre 2009

Ceux qui ne pensent pas comme nous.

Mon blog c'est une partie de moi, ce n'est en aucun cas une vitrine derrière laquelle se cache quelqu'un d'autre. je ne suis le jockey de personne, - De toute façon, à mon âge personne ne se risquerait de miser un sou vaillant sur moi- Ni parti ni lobby. Je trouve les hauts parleurs très pathétiques dans leur acharnement à nous convaincre de choses qu'ils ont du mal à en être convaincus eux mêmes.
être libre de toute obédience n'est pas chose aisée, vouloir être accompagné dans la solitude des idées fripées doit être une œuvre de toute ingratitude.

Sacré Georges tu nous es de tout secours en chaque circonstance.


Quand on n'est pas d'accord avec le fort en thème
Qui, chez les sorbonnards, fit ses humanités,
On murmure in petto : "C'est un vrai Nicodème,
Un balourd, un bélître, un bel âne bâté."
Moi qui pris mes leçons chez l'engeance argotique,
Je dis en l'occurrence, excusez le jargon,
Si la forme a changé le fond reste identique :
"Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons."


Entre nous soit dit, bonnes gens,
Pour reconnaître
Que l'on n'est pas intelligent,
Il faudrait l'être.
Entre nous soit dit, bonnes gens,
Pour reconnaître
Que l'on n'est pas intelligent,
Il faudrait l'être.


Jouant les ingénus, le père de Candide,
Le génial Voltaire, en substance écrivit
Qu'il souffrait volontiers - complaisance splendide -
Que l'on ne se conformât point à son avis.
"Vous proférez, Monsieur, des sottises énormes,
Mais jusques à la mort, je me battrais pour qu'on
Vous les laissât tenir. Attendez-moi sous l'orme !"
"Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons."

Entre nous soit dit, bonnes gens,
Pour reconnaître
Que l'on n'est pas intelligent,
Il faudrait l'être.
Entre nous soit dit, bonnes gens,
Pour reconnaître
Que l'on n'est pas intelligent,
Il faudrait l'être.


Si ça n'entraîne pas une guerre civile
Quand un fâcheux me contrarie, c'est - soyons francs -
Un peu par sympathie, par courtoisie servile,
Un peu par vanité d'avoir l'air tolérant,
Un peu par crainte aussi que cette grosse bête
Prise à rebrousse-poil ne sorte de ses gonds
Pour mettre à coups de poing son credo dans ma tête.
"Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons."

Entre nous soit dit, bonnes gens,
Pour reconnaître
Que l'on n'est pas intelligent,
Il faudrait l'être.
Entre nous soit dit, bonnes gens,
Pour reconnaître
Que l'on n'est pas intelligent,
Il faudrait l'être.

La morale de ma petite ritournelle,
Il semble superflu de vous l'expliciter.
Elle coule de source, elle est incluse en elle :
Faut choisir entre deux éventualités.
En fait d'alternative, on fait pas plus facile.
Ceux qui l'aiment, parbleu, sont des esprits féconds,
Ceux qui ne l'aiment pas, de pauvres imbéciles.
"Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons."


Entre nous soit dit, bonnes gens,
Pour reconnaître
Que l'on n'est pas intelligent,
Il faudrait l'être.
Entre nous soit dit, bonnes gens,
Pour reconnaître
Que l'on n'est pas intelligent,
Il faudrait l'être.