samedi 17 juillet 2010

Nostalgie...premier amour, premier chagrin

Rouvrir les vielles blessures n’est pas chose aisée, ça remonte à si loin…. C’est comme les vieux parchemins qu’on exhume des profondeurs, les présenter à l’atmosphère extérieure risque de les réduire à un tas de cendre…Leur encre se décolore, le papier se fragilise les plis deviennent propices à la rupture… Mais est ce vrai ? Oui pour le papier cellulosique ! Quand au papier de l’âme c’est de la gravure éternelle que même la binaire n’arriverait pas à remplacer.

Cela pourrait être perçu comme ringard de revenir à ces petits bobos du cœur et de l’âme, Pour moi c’est un exercice auquel je me suis habitué, raconter la ville, les gens, les vielles rengaines populaires, la mémoire, je connais un petit rayon ; les histoires d’amours leurs blessures pourquoi pas, c’est romance, romanesque, fiction, réalité, c’est vivant bien que lointain.

J’étais « élève maître » à l’école normale d’instituteur de la Marsa (l’actuelle ipest) un ancien domaine viticole et vinicole de l’archevêché, (j’ai écrit un post sur cette période) A cette époque la mixité était du domaine de la fiction, au primaire la seule fille qui a partagé avec nous les bancs de la classe était la fille du directeur, sans être mauvaise langue c’était un petit laideron plus fille du dirlo il n’y avait vraiment pas de quoi être excité.

Bref à Alaoui et ensuite à Sadiki les rares filles étaient dans les classes terminales. Nos copines ( tu parles) étaient à monfleury, La Rue du Pacha, Rue de Russie, les normaliennes de Monfleury (l’actuelle Prépa)ou bien de lointaines parentes lycéennes que les fêtes familiales ou religieuses nous donnaient l’occasion de rencontrer furtivement pour parler un tout petit peu scolarité et beaucoup de la revue El Maw3ed, Abdelhalim , cinéma et échanger à la sauvette quelques romans à l’eau de rose ou bien les supers prohibés : les romans photos.

Ce n’est que dans l’activité de la jeunesse scolaire pour certains privilégié(e)s - dont j’ai fait partie- (Ceux ou celles qui chantaient bien, jouaient la comédie, les amateurs de peinture, de cinéma et autre activités culturelles) que les contacts garçons filles étaient possibles . Pour le reste les histoires d’amour c’est Ihssane Abdelkoddous, Youssef Essebay et autres romantiques français….

Nous sommes au début des années 60 j’avais 17-18 ans, pas très branché surprises parties des enfants des familles nantis ou passant pour telles. Nos sorties de l’internat sont chronométrées, sans parler des dimanches de huit heures de « colle » !!! Donc c’est de mes contacts de parenté que va naitre ma première idylle. Une jeune fille mignonne comme tout avec des yeux de gazelle effarouchée avait fait naître en moi un émoi particulier et une sympathie réciproque.

Elle habitait une banlieue fleurie au sud de Tunis, sur la route menant à la plage, du coup tous les moyens étaient bon pour que je sois dans les parages. Un ami de Sadiki disposait de deux cabines de bain à St Germain (Ezzahra) avec deux autres copains nous y passions les weekends d’été, souvent c’est à pieds que je m’échappais des copains pour une escapade jusqu’à la station balnéaire voisine et ainsi au hasard, des fois je la rencontrais sur la plage pour un moment furtivement volé à la surveillance de son jeune frère ou de sa maman, d’autres je passais des heures en vain, dans l’espoir de la voir surgir de quelque part…

Nous étions juste un peu amis rien ne s’était déclenché ni de mon côté ni du sien, mais il est vrai que j’en pinçais un peu pour elle.

L’été terminé, je retrouvais mon internat, mes sorties devinrent réglées par ce rendez vous informel du dimanche après midi chez une cousine proche, comme si de rien n’était. Ma «dulcinée secrète » devait se rendre elle aussi à son internat à Monfleury, c’était l’occasion rêvée pour moi de l’y accompagner avant de rejoindre le TGM direction La Marsa, la tête pleine de rêverie romantique.

Des mois passèrent ainsi, et un jour d’avril, le vaguemestre –étonné- m’annonçât que j’avais une lettre ! Habitant Tunis je ne recevais aucune lettre contrairement à mes camarades de l’intérieur qui attendaient souvent un petit mandat pour leurs menues dépenses. Je pris la lettre et je lus le nom de l’expéditeur : C’était le frère de ma petite amie, le cœur battant la chamade j’ai aussitôt pensé au pire, je me suis dit que c’est une lettre de mise en garde !

Délicatement et fébrilement j’ouvris l’enveloppe, je découvris une feuille de classeur rose et les mots commencèrent à défiler sous mes yeux incrédules :

Très cher Ali,

Je ne sais pas qu’est ce qui m’a poussé à t’écrire….

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Ces moments d’évocation je les ai commis il y trois ans, à mes débuts sur Khil we lil, c’était un jeu initié par une autre amie bloggeuse. C’est non sans une intense émotion que je j les reprends pour honorer la mémoire de cette personne qui nous a quitté il y a peu de temps emportée par ce mal sournois qui fait de plus en plus de ravage.

S……, Reposes en paix.

5 commentaires:

WALLADA a dit…

ça fait du bien d'évoquer et d'en parler. partager ses souvenirs et ses chagrins n'est qu'un pas vers le soulagement.

Que dieu ait son âme.

zahraten a dit…

Allah yerhamha!
J'avais moi même posté un commentaire sur ta note d'il y a trois ans, et tu m'avais repondu "mnin tla3tiili inti zada???" ----les années 60 , j'étais moi même élève interne au lycée de jeunes filles de Radès,lequel etablissement était mixte avant cette date!!!
S...est partie pour une vie meilleure, je l'espère, mais elle continuera à vivre dans tes pensées, car , comme on le dit: "les personnes ne meurent que lorsqu'on les oublie"

نديم 1 a dit…

شكرا ولادة على التفاعل، موافقك تماما هو شكل من التفريج على الكرب

نديم 1 a dit…

Merci beaucoup Zahraten ça fait plaisir de te voir suivre la blogosphère par ces temps incertains.

zahraten a dit…

"et comme l'avait chanté le "grand" Charles.. Aznavour ::::::-JE VOUS PARLE D'UN TEMPS QUE LES MOINS DE VINGT ANS NE PEUVENT PAS CONNAITRE !.......LA BOHEME ...
Que tu pourras ecouter sur---------

http://www.malhanga.com/musicafrancesa/aznavour/boheme.htm